Construction d'une savonnerieLa savonnerie est un projet qui émane du groupement des femmes de Petit Samba. Ce projet a, lui aussi, de l’âge. La demande date des tous premiers passages de Michel au village et , là, la décision de le mettre en route s’est produite presque miraculeusement. En effet, ce dossier a été possible grâce au travail merveilleux d’une femme extraordinaire. (Veuillez vous référer, au bas de cette page "dossier PDF", au « Voyage de Mamie », ). Comme ce projet a été décidé au tout dernier moment, il a été proposé par l’association Petit Samba à l’ADPS qui l’a approuvé. C’est également un dossier géré pas le groupement des femmes. Il devrait leur permettre un petit revenu supplémentaire, revenu qui pourrait leur ouvrir d’autres horizons également. Ce projet est astreint aux mêmes conditions que les deux projets initiaux. Jusqu'à ce jour (juin 2005) nous avons investi 1'650'000.- CFA (~4'150.- CHF ou ~2'600.- Euro) L'Odyssée de Mamie O (dossier PDF)Un voyage pas comme les autres, été 2004Ce que nous tenons à vous raconter, c’est le voyage au Burkina, à travers notre association, d’une femme extraordinaire, extraordinairement généreuse, et d’une famille toute entière. Cette histoire, c’est l’histoire de Mme Antoinette Odin, plus communément connue chez nous sous les sobriquets de « Mamie O » ou de « la Tour infernale » ou encore « la Tour de contrôle ».Son histoire commence au printemps 2003 lors d’une rétrospective d’un de nos voyages à Petit Samba, rétrospective dans laquelle nous expliquions nos exigences pour accepter des gens à nous accompagner. Il est vrai, nous avouera-t-elle plus tard, qu’elle avait trouvé nos exigences dures, mais elle avait décidé de fêter ses 60 ans autrement que conventionnellement. Elle avait décidé de fêter ses 60 ans en les marquant d’une attention toute spéciale. Elle avait décidé que, pour la première fois dans sa vie, elle prendrait l’avion et pas un petit coucou à Ecuvillens, elle prendrait un avion, un vrai. Elle avait décidé qu’elle irait en Afrique, pour la première fois aussi, et pas dans un lieu fabriqué pour les touristes, avec steack, schubling et frites, vin frais etc…non elle voulait se rendre en Afrique. Elle avait décidé qu’elle voulait comprendre, pour peu qu’on puisse le comprendre, ce qu’était la vie sous d’autres latitudes. Elle allait le comprendre. Je n’ai que très rarement vu une personne avec une telle volonté, avec un tel besoin de se dépasser. Tout d’abord, nos exigences spécifient que l’argent du voyage ne doit pas sortir d’un carnet d’épargne, mais qu’il doit être gagné à travers les activités de Petit Samba et de plus le prix du voyage est triplé de façon à couvrir pour une part les frais occasionnés sur place, et pour une autre part, une partie du projet annuel. Mamie O ou plutôt la Tour de Contrôle, ce qui lui correspondra mieux, a engagé tout le monde auquel elle était confronté jusqu’ aux personnes chez qui elle fait le ménage, même ses petits enfants y sont allé de leur bonne volonté. Il ne s’agissait pas de passer à Farvagny sans se trouver confronté au petit cochon de service. Toutes les activités de l’association Petit Samba ont pu compter sur sa présence : - 4 semaines sur le thème de l’eau à Mase (VS), - marché de Noël, fabrication de confitures, - comptoir de Fribourg, et autres. Et puis un jour, il s’agit de se préparer, le départ approche. Après avoir fait face à une année difficile de recherche financière, après avoir fait face à certaines critiques, à certaines jalousies, à un certain stress face à toutes ces…premières, il fallait faire face à la réalité : Cointrin, l’avion, une compagnie libyenne dans laquelle on ne parle qu’anglais, c’est peut-être la seule chose que l’association n’avait pas pensé de préparer Mamie, à l’anglais. Mais quel plaisir ! C’est le 10 juillet 2004, tard dans la nuit, que nous arrivons à Ouagadougou. Nous y sommes reçus très amicalement par Dominique. Et tout de suite Mamie se retrouve dans un élément qu’elle semble ne jamais avoir quitté tant elle me semble à l’aise. Dans une rue obscure de la capitale, un premier repas en bordure de route, le repas du pays ou du moins le repas de cantine : le poulet servi avec une spécialité qui l’accompagnera tout au long de son voyage : la Flag, la Cardinale burkinabée. Mais que cette bière nous fera oublié souvent le côté austère de ce pays ! Et tout de suite, nous sommes plongés dans les habitudes journalières de la vie au Burkina : les toilettes qui n’ont que peu de côtés communs avec les nôtres, la douche au bidon, les moustiques et le chant des crapauds, si l’on peut appeler ça un chant. Mais c’est surtout l’accueil des gens qui va la frapper. Souvent elle demandera si c’est volontairement pour elle ou si c’est coutumier. C’est une réponse qu’elle trouvera par elle-même tout au long de son périple. De baptêmes en mariages, de réunions en verrées, elle comprendra que cet accueil se situe entre respect et amitié gratuite, entre générosité et joie de recevoir. Tout le monde est au petit soin pour que nous ne manquions de rien, pour qu’il ne nous arrive rien. Cette convivialité se ressent jusque dans les offices religieux qui ne rappellent en rien ce que nous vivons chez nous m’avouera-t-elle. C’était moi qui était sensé lui faire découvrir le Burkina, et je crois que finalement j’ai appris à le voir sous d’autres yeux, ceux de Mamie. Quand nous sommes arrivés à Petit Samba et tout au long du voyage, j’ai pu lire dans ses yeux, dans ses interrogations, quelque chose entre craintes et stupéfactions. Les longues étendues arides et desséchées par le soleil lui semblaient invraisemblables, inacceptables. Toutes les personnes rencontrées en bordure de route chargées de bois, de canaris ou de bassine la touchaient énormément. Et la vision des premières huttes du village, des premières concessions lui faisait s’interroger sur sa décision de venir ici : C’est ça où nous allons ? Et oui cela sera notre hôtel. Cela sera notre village, notre lieu de vie fait de sueur, de piqûres de moustiques, d’envie de fraîcheur, mais fait de gentillesse, d’amitié, de joie, de rire aussi. D’emblée nous pourrons nous installer dans un vieux bâtiment du cercle scolaire, bâtiment qui est un luxe en comparaison des concessions, où les voisins s’appelleront chauve-souris, lézards, souris et araignées. Mais quel plaisir de se retrouver, là, dans l’aboutissement de ce que l’on avait désiré. Elle me le dira souvent durant ce voyage. Elle me le dira d’une manière si sincère qu’il m’était impossible de penser le contraire. Je me faisais du souci quant à son bien-être, à sa santé, mais rien n’en fut, c’était plutôt le contraire. Je me croyais, moi, habitué, c’est elle qui bien souvent devra se faire du souci pour moi. C’est, je crois, ce qui fait la richesse d’une telle expérience. Pendant notre séjour, il nous faudra :
Elle avait la même impression que moi. Pour des gens qui passent chez nous, pour les bonnes langues, pour des fainéants, se présentaient ici comme des travailleurs dont nous n’arrivions pas à la cheville. Il nous faudra aussi imposer notre volonté quant aux dossiers de construction, être exigeants. Et ça c’est peut être un point qui la frappa le plus. Comment pouvions-nous être aussi durs avec ces gens alors que nous étions là comme humanitaires, ces gens ne voulaient-ils pas bien faire ? Toutes ces questions trouvaient réponse dans la gestion de son dossier : la savonnerie. Juste avant de partir de Suisse, Mamie avait signalé à l’association qu’elle désirerait avoir à gérer un petit dossier personnel et comme on nous le demande souvent, nous allions lui donner la confection d’un jardin ou l’achat et l’attribution d’un âne, d’une charrette à âne, enfin un dossier qui correspond à la finance de la personne qui nous fait ce genre de demande. Mais cette fois-ci, nous nous trompions. Mamie O, la Tour infernale, la Tour de contrôle, par son travail et celui de toute sa famille, de ses petits enfants allait construire cette savonnerie et payer la formation de la personne qui s’en occuperait. Tout cela en ayant rempli nos conditions de voyage. Les maçons de la savonnerie étaient ses chouchous. A chacune de nos visites, c’est la savonnerie qu’elle affectionne. Et que je t’offre un paquet de cigarettes, et que je t’offre ceci ou cela. Très vite le « bonjour Mamie » avec un timbre africain que je ne peux reproduire par écrit résonnait sur le chantier. La recherche de notre nourriture l’a également beaucoup impressionnée. Les marchés, à cette époque de l’année, sont assez tristes. Les paysans étant aux champs, principalement pour semer le mil et le maïs, il n’y a donc que très peu de légumes. Nous devions donc nous contenter de quelques choux misérables et d’aubergines. Nous avions, nous, la possibilité d’acheter des boîtes ou des pâtes ou du riz, mais eux, comment faisaient-ils ? Les repas rudimentaires pris à l’ombre d’un eucalyptus nous permettaient de nous rafraîchir quelque peu, sans pour autant avoir réellement le temps d’en profiter. C’est durant ces moments –là que l’on venait nous dire bonjour et l’accueil de ces gens, bien souvent, nous touchait au plus profond de notre être. Cette simplicité dans le bonjour que l’on nous offre nous rappelle que le contact humain est basé sur peu de choses, sur des riens. La participation au travail a ému Mamie. Ce travail dur et pénible fait avec un matériel rudimentaire quand on dispose du matériel nécessaire, nous aide à comprendre notre niveau de vie en Suisse, nous aide à comprendre notre égoïsme. Des brouettes que l’on nomme ainsi parce cet objet dispose d’une roue et de deux manches, une pelle qui ressemble plus à un morceau de métal qu’à un bout de bois, une pioche pour deux équipes de maçons, des échafaudages sur lesquels même un oiseau n’ose pas se poser nous aident à prendre cette vision à la rigolade. Il n’y a peut-être pas autre chose à faire, mais c’est cette ambiance-là qui fait que les contacts soient très vite créés et que Mamie soit adoptée. Nos soirées sans électricité nous ramènent quelques décennies en arrière. Nous devons nous débrouiller pour cuisiner, trouver notre lit, en chasser les moustiques et surtout trouver un endroit pour y écouter les concerts des crapauds. Notre présence à Petit Samba est bien comprise par Mamie. Une impression d’être acceptés comme les leurs nous facilite nos contacts et notre travail. Leur amitié et l’entrain qu’ils mettent à leur labeur pour faire en sorte que les bâtiments soient finis à temps sont pris par Mamie pour un remerciement. Bien souvent Mamie est étonnée de ma réaction face à certains travaux qui ne correspondent pas à ce que nous avons demandé et bien souvent, le ton de discussion changeant, amène à l’esprit de Mamie quelques questions quant à la définition du mot « humanitaire ». Il lui faudra son passage à Petit Samba pour comprendre que l’humanitaire passe souvent par certaines douleurs ou certaines crises. Ce qui nous restera dans l’esprit, c’est le souci de chacun des habitants pour satisfaire nos désirs, pour nous écouter et pour nous montrer qu’ils veulent faire leur possible pour que ces différents projets fonctionnent. Jean-Marie et Oumaorou nous accompagnent sans cesse. C’est intéressant pour nous de les avoir avec nous pour nous enrichir sur leur manière de vivre et de concevoir leur village ; c’est un réel rapport de qualité et de camaraderie qui s’installe avec notre « tour infernale ». Si l’on demande à Mamie quel a été le plus beau moment de son voyage, elle nous répondra : TOUT : « J’ai toujours devant moi la photo de mon voyage, du garçon au restaurant jusqu’au chef du village. Je regrette peut-être une chose, c’est de ne pas parler Moré, j’aurais tant voulu partager beaucoup plus avec les femmes ». A notre départ, les bâtiments étaient terminés et ce fut un plaisir pour Mamie que d’avoir pu une fois mener un projet tel qu’une savonnerie au milieu du Sahel à bon port. Au moment où je retranscris par écrit nos impressions, nous venons d’apprendre que la récolte au village à été désastreuse et qu’à nouveau, une fois de plus, le village passera une année de disette difficile et horrible. Comment nous est-il possible de dormir correctement tout en connaissant ce qu’il s’y passe ? Un adulte peut comprendre ce qui lui arrive, mais même-là le côté criminel de cette vision devrait nous faire bouger ! Mais que peut comprendre un enfant qui a faim à qui sa mère n’a rien à donner ? Michel Werner, président de l'APS PS Mamie n'a qu'une envie, celle d'y retourner !y retourner !ais que peut comprendre un enfant qui |
ActualitésA l'heure actuelle (fin 2006), la savonnerie ne nous donne pas encore satisfaction sur le point de vue "gestion", voir le "Rapport Entrevue avec les entités artisanales". Nous avons décidé, lors de notre mission de 0ct.-nov. 2006 d'envoyer 2 femmes faire un cours de gestion à la savonnerie de mouvement NAAM à Ouahigouya. Le cours débutera le lundi 8 janvier et durera une semaine. Coût de l'opération: 129'000 CFA (325.-CHF ou 200 Euros) |
La Savonnerie en construction avec Mamie au travail...![]() Mamie est heureuse, SA Savonnerie est terminée !
Mamie O sympathise avec le Chef![]() Mamie O, inspectrice !![]() Mamie met la main à la pâte !![]() Mamie et les femmes de Petit Samba.![]() Avril 2005, début de la fabrication du savon !.
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